Artheriom

Développeur & Étudiant à l'Université Clermont-Auvergne

9 ans de Debian.

Le samedi 19 septembre 2009, pour la première fois de ma vie, j’installais une distribution GNU/Linux sur ma machine. C’était un Compaq Presario CQ60-205EF. Debian venait remplacer un effroyable Windows Vista, sur un matériel qui avait cette spécificité propre à Compaq d’être déjà dépassé le jour même de sa commercialisation.

Une bien belle bête.

En y repensant, cette expérience prouve ma curiosité déjà à l’époque, exacerbé, pour l’informatique : Quel gamin de 12 ans, approché par un grand mec barbu aux lunettes rondes et crasseuses, aurait essayé de, je cite “supprimer Windows et tenter une nouvelle expérience”. A l’époque, j’avais un seul ordinateur, et je savais tout juste taper une page en HTML sans faire un truc trop dégueulasse (Du HTML 4.01 bien sûr…).

On à tous commencé quelque part…

L’ISO était arrivée sur un CD (oui, un CD), fièrement annotée d’un “Debian Lenny 5.02 MultiArch”. J’ai encore ce CD, que je garde jalousement dans mes vieilleries, comme un totem du jour où j’ai découvert ce monde libre.

Neuf ans plus tard, Linux et moi sommes devenus de vrais copains. Mon PC tourne sous un Debian Stretch, mes serveurs sous du Debian Stretch ou du CentOS, j’ai plusieurs raspberry sous raspbian, et j’ai abordé via des VM un bon bout de l’écosystème Linux, en passant du beau projet inabouti qu’est ArchLinux jusqu’aux distributions incroyablement inutiles comme Devuan. J’ai trifouillé les profondeurs de Mint, d’Ubuntu et de ses 40 variants, testé Mandravia et Fedora. Ces expériences ont toujours laissé un retour, positif ou négatif dans ma mémoire, qui ont forgé la manière dont j’aborde le monde du libre aujourd’hui. Et mes proches et amis savent que je suis un fervent défenseur du libre. Petite pensée à V. que je fracasse à coup de “Windows et Google c’est le maaaaaaaal, vive les projets ouverts et libres !” à longueur de temps !

But it’s Dave !

Et pourtant, au départ, rien ne laissait présager de mon amour pour la distribution Linux. Pour ceux qui n’ont pas connus ce monde lointain ou qui l’aurait oublié, à l’époque, l’installation d’une Debian c’était la roulette russe : Un coup sur deux, le pilote requis par tel ou tel matériel serait indisponible, et parfois, il n’y aurait même pas de pilote générique. Bien entendu, je me suis donc retrouvé dans un écran en résolution 640*480 (sur une dalle 1366-768 15″), et sans WiFi ni carte Ethernet. Le bonheur.

LE FUTUR.

Me voilà donc, au CDI de mon collège, à chercher les pilotes de ma carte WiFi sur les dépôts publics Debian. un grand moment d’anthologie. Il m’aura ensuite fallu deux bonnes heures pour comprendre qu’on installait un paquet avec “dpkg -i ton_nom.deb”. L’interface GNOME te renvoyait à la digne époque de Windows 98, et tout ceux qui ont un jour utilisé le gestionnaire de paquet Synaptics sous 5.0 se souviendront de la purge que cela représentait : Entre la liste qui ne rechargeait pas, les paquets qui disparaissaient, etc, y’avait de quoi se tirer une balle. L’installateur était tout sauf intuitif, si bien qu’au lieu de faire un dual-boot, j’avais tout effacé comme un gros boulet.

La moitié des logiciels étaient “broken”, le support des cartes NVidia demandaient une maîtrise en physique nucléaire, NTFS n’était pas supporté, ou juste en lecture-seule quand on avait de la chance. Mais je m’y suis accroché, et durant 2 ans j’ai pu expérimenter Debian, ses points forts, ses points faibles. Et lorsque mon feu PC à rendu l’âme, et qu’un Samsung est venu le remplacer, il m’a semblé impossible de retourner dans le monde clôt de Windows. Alors j’ai remis un dual-boot Debian au début. Puis Ubuntu. Et je suis revenu à Debian.

Entre-temps, on avait bien progressé, puisqu’on était arrivé à Squeeze. Les débuts d’une émulation propre avec Wine, l’installateur plantait moins, etc. J’ai commencé à développer et Linux est devenu l’évidence face à Windows. Mais Windows me servait à jouer et pour Office, car Linux était bien trop limité sur ce point. Ensuite il y à eu une période “d’idle”, j’ai sauté Wheezy pour directement arriver à Jessie, à mes yeux la meilleure version de Debian.

Non seulement car les paquets étaient enfin à jour vis-à-vis de 7 (Gnome 3, OOo3, etc), mais surtout car j’ai commencé à bien maîtriser la ligne de commande. Et c’est là que j’ai compris la puissance qu’offrirait Linux face à Windows. Une configuration, une liberté totale. Quitte à te laisser détruire ton PC, Linux te laissera libre.

Maintenant, nous sommes en 2018. J’ai encore changé d’ordinateur, deux fois. Mais Debian est toujours là, en parallèle avec Windows 10, qui ne me sert plus que pour deux jeux. Bumblebee, le support de Steam et bien d’autres améliorations, ont rendu Windows quasiment obsolète. Stretch est une bonne distribution. La communauté pleure toujours la mort de Ian, son fondateur et gourou. Et, comme il y à 2 ans, 4 ans, 6 ans, 8 ans, je prône Linux, son modèle ouvert au monde et aux changements, libre.

Il y à 9 ans, j’étais un pionnier du “Desktop-Linux”. C’était d’autant plus suicidaire de faire ça avec Debian, une distribution orientée serveur. Mais de nos jours, où Windows 10 espionne les plus infimes mouvements des ordinateurs des gens, où la licence coûte de plus en plus cher, et que le système ralenti de plus en plus, Linux s’impose comme une évidence. Un chevronné partira sur un Debian ventre-à-terre, et s’en sortira. Des néophytes eux pourront prendre un SolusOS et retrouver rapidement leurs petites habitudes : Mes parents en sont plus que satisfait.

En ancien de Linux malgré mon âge canonique de 21 ans, je suis plus qu’heureux du chemin que prends de manière générale Linux. Il y à eu du bon (les améliorations sur la fiabilité, l’intuitivité, la bibliothèque logicielle qui s’agrandit, l’arrivée des entreprises sous Linux qui ont ouvert du code et publié des pilotes ouverts plus performants que les “community-driven”, etc), et du moins bien (les frasques de ce bon vieux Linus, la fermeture de la communauté à l’encontre de certains groupes comme Oracle, etc). Mais le ratio dans l’ensemble reste très positif, et j’espère continuer à voir le projet prospérer et si bien se développer pour les 10 prochaines années.

Pour clôturer cet article, un petit merci à tout ceux qui ont influé mon utilisation de Linux au quotidien. Merci à Benjamin pour m’avoir initié à Linux. Merci à Vincent, un de mes meilleurs profs, pour m’avoir redonné foi en Linux. Merci à Fred” avec qui j’ai passé des heures sur Discord pour configurer des outils de développements poussés tout comme un touilleur mauve pour ma salade virtuelle. Merci aussi (et surtout) à la communauté de Debian-Facile, simplement en or, qui m’a sorti d’impasses à pas mal de reprises ! <3


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